Evènement : Colloque international
Thème : Défis et perspectives de l’habitat en Algérie
Date : 19-20 novembre 2014
 
Président du comité scientifique

- Pr Tahar Baouni

Présidente du comité d'organisation
- Dr Kahina Amal Djiar

Synopsis

L’urbanisation et la gestion des établissements humains mettent la société contemporaine face à plusieurs défis. En Algérie, la question de l’habitat pose des enjeux politiques, économiques, sociaux, culturels et géographiques. Enrayer la crise de logement est considéré comme étant une priorité majeure par les pouvoirs publics. C’est dans cette perspective que sont intervenus le programme 2000- 2004, puis le programme 2005-2009. L’ambition affichée était d’arriver à un taux d’occupation par logement (TOL) de cinq personnes par habitation en logeant plus de cinq millions de personnes. Pour concrétiser cet engagement, les programmes ont souligné la nécessité d’améliorer les performances de la politique de l’habitat en agissant sur la diversification des méthodes de financement et des segments d’offres, l’amélioration de la politique de gestion des villes, la finalisation et révision des instruments d’urbanisme, et la maîtrise du problème de la disponibilité et de la qualité des assiettes foncières. En l’espace de dix ans, plus d’un million de logements ont été livrés. Pour permettre d’accélérer davantage le rythme de production de logements, les pouvoirs publics ont ouvert aux entreprises étrangères le marché algérien. Ils ont également décidé de poursuivre l’effort à travers un troisième programme quinquennal 2010-2014, qui ambitionne la construction de 2.450.000 logements supplémentaires.

Malgré tous ces efforts, la question de l’habitat soulève un certain nombre de contraintes parmi lesquelles nous pouvons citer : l’inadéquation entre le rythme de production/l’offre de logements et la croissance de la demande, les retards de réalisation et de livraison des nouveaux logements, les lacunes liées à la gestion, la prolifération de l’habitat précaire, l’urbanisation anarchique, la dégradation du parc immobilier existant, l’insécurité, le manque d’équipements collectifs, l’accroissement des mobilités pendulaires, la saturation du foncier urbanisable, le manque d’espace verts et de lieux de divertissement, la pollution, la mauvaise gestion des déchets, la vulnérabilité aux risques majeurs, la surconsommation des énergies non renouvelables, l’augmentation de l’empreinte écologique, etc.

En réalité, la pression sur le gouvernement continue, en partie, à cause de la politique de suppression des bidonvilles combinés aux situations d’urgences émanant des destructions induites suite aux désastres naturels. L’article 9 du décret exécutif n°2008-142 considère les habitants des bidonvilles et les victimes d’aléas naturels comme étant prioritaires, ce qui leur permet de bénéficier d’un logement sans suivre la procédure réglementaire habituelle. Cette démarche, bien que nécessaire, a engendré le développement de certaines manœuvres incitant à la prolifération des baraques insalubres dans le but d’accéder plus facilement et plus rapidement à un logement. D’autre part, elle a occasionné plusieurs retards dans les délais d’attribution d’un logement aux personnes figurants déjà sur les listes d’attente. Dans l’obligation de patienter plus longtemps, ces personnes ont dû s’orienter vers un marché de location, qui pourtant leur ait peu accessible du fait de sa cherté. La spéculation immobilière est effectivement un phénomène qui paralyse lui aussi le secteur de l’habitat en Algérie. Comment stabiliser la demande et gérer le logement inoccupé ? 

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